Projet 2020 : Portrait musical d’Elisabeth Jacquet de la Guerre

Création en juillet 2020 au Festival Format Raisin

Musique au féminin
Enfant prodige, Elisabeth Jacquet de la Guerre, est une claveciniste et compositrice qui trouvera durant le grand siècle la raison même de son extraordinaire destin d’artiste. En effet, jusque-là, presque aucune femme n’est admise à signer professionnellement ses compositions. Enfant prodige, elle devient la protégée de Louis XIV avant d’imposer un style qui s’émancipera peu à peu du modèle imposé par Lully.

Un destin hors du commun
Grâce à cette protection royale, Elisabeth peut réaliser le rêve de nombre de femmes : s’affranchir du patriarcat, demeurer libre de parole et de conscience. Une parole qui s’exprime essentiellement dans la musique, à travers plusieurs cycles de sonates et de cantates, et un opéra. La presse musicale lui rend hommage, rarement une compositrice obtient une telle considération.

Les désillusions
Si Elisabeth de la Guerre est reconnue par ses pairs et toujours protégée par la Cour, son opéra Céphale et Procris remporte un four. Tout Paris semble s’être donné le mot pour ne pas assister aux représentations. Elisabeth découvre alors que les mentalités ne sont pas prêtes à recevoir une oeuvre de cette envergure signée par une femme. De plus la monarchie est vieillissante et la fin de siècle de plus en plus portée sur la dévotion. C’est un coup violent porté à Elisabeth qui vient de perdre en peu de temps son père, son mari, et son fils de 8 ans. Elle est désormais seule et ne publiera plus rien pendant plusieurs années, avant de renaître de ses cendres. Il lui reste encore 25 ans à vivre.

La renaissance
Elisabeth compose une musique pleine d’intériorité et d’audace, alternant cantates spirituelles et profanes. Sa personnalité peu commune rayonne dans des compositions qui paraissent pour la majorité d’entre-elles comme en avance sur son temps. Ce portrait musical d’Elisabeth Jacquet de la Guerre sera l’occasion d’entendre la voix d’une artiste accomplie à une époque où la bienséance faisait tout pour restreindre le droit des femmes. Elle nous parlera d’elle, des bonheurs et des épreuves qui ont ponctué son chemin de vie. Elle nous donnera surtout à entendre sa musique qu’elle considère comme son testament philosophique, où textures et formes codifiées nous restituent l’atmosphère d’une exigence royale toute dévouée à l’art.

 

Distribution :

Direction musicale : Florence Malgoire
Mise en scène : Roser Montlló Guberna et Brigitte Seth
Texte : Hervé Mestron
Chant : Anna Reinhold/Emmanuelle de Negri
Violon : Florence Malgoire
Clavecin : Blandine Rannou
Viole de gambe : Isabelle de Saint-Yves
Jeu et danse : Roser Montlló Guberna et Brigitte Seth

Oeuvres proposées :
Sonates pour le Violon et le Clavecin (1707).
Sonate VI pour violon et basse continue en la mineur.
Cantate n°3 (1715) : Le sommeil d’Ulysse.
Premier Livre de Pièces de Clavecin (1687)
Suite pour clavecin en la mineur.
Judith, Cantate n°6, Livre I (1708)