Mise en scène et chorégraphie : Roser Montlló Guberna et Brigitte Seth
Texte : Roser Montlló Guberna et Brigitte Seth
Musiques : Jean-Pierre Drouet, Geoffroy Tamisier, Banda Ionica
Assistante à la mise en scène : Dominique Brunet
Lumière : Dominique Mabileau
Univers sonore : Antisten
Scénographie et costumes : Clédat & Petitpierre
Musiciens : Jean-Pierre Drouet (percussions), Geoffroy Tamisier (trompette)
Acteurs et danseurs : Dery Fazio, Rodolphe Fouillot, Roser Montlló Guberna, Jordi Ros, Brigitte Seth, Jean-Baptiste Veyret-Logerias
Réalisation costumes : Anne Tesson
Régie générale : Stéphane Bottard
Production, diffusion : Françoise Empio
Communication : Amélie Verbeke
Durée : 1h20
Il existe un état mental, qui n’est ni celui de la santé, ni celui de la maladie. Situé ailleurs, cet état est celui des poètes, des artistes, des révolutionnaires ; c’est aussi celui de ceux qui ne veulent pas ou ne peuvent pas participer à l’existence de ce monde-là. Tous ceux pour qui vivre ne va pas de soi, ceux qui n’entendent rien au manuel du savoir-vivre, ceux qui n’ont pas la clef, ceux qui attendent le miracle, que la « vraie vie » commence un jour…
Mettre en scène, chorégraphier un état, l’affaire paraît complexe… Et pourtant, dès lors que l’on pose un pied sur le plateau, le corps s’empare du sujet, devient le sujet même. Est-ce parce que le plateau de théâtre est le miroir grossissant de nos penchants inconscients, de nos travers obliques, que l’incarnation est immédiate ? Les failles, les franges, les plis, les blessures, ce qui grince, craque, coince sont les territoires privilégiés des acteurs, des danseurs et des musiciens.
Chaque société, en élaborant sa rationalité, crée la marge. Cette dernière est plus ou moins peuplée selon la place et la forme que prennent les pensées dites rationnelles. Selon certaines époques il est plus ou moins aisé d’appartenir à l’un ou l’autre de ces deux camps. Mais quel qu’il soit, chaque camp apparaît tordu et incompréhensible à l’autre.
Le genre oblique, c’est notre genre à tous.
En sous texte se cache une célèbre figure dérangeante et dérangée de l'Espagne du XVIème siècle, Juana La Loca, fille des rois catholiques, artiste et grande amoureuse, si marginale pour son temps que son époux, puis son père, et enfin son fils l'enfermèrent sous prétexte de folie et régnèrent à sa place !
Sans chercher à la représenter, danseurs-acteurs et musiciens s'en inspirent pour rendre hommage - entre musiques populaires et jeux de rôles tragi-comiques - à tous ceux, singuliers, égarés, excentriques, qui faute d'être normalisables, sont repoussés aux marges du rationnel et du pouvoir : veilleurs et libres penseurs aux gestes d'inventeurs. Gente oblique fait entendre à travers le tissage de la diversité, ces voix si nécessaires à tous.
Je me suis trouvée là
Dans ce corps inconnu
Pour Dieu sait quel gala
Je ne l'ai jamais su
Soudain parachutée
Dans ce monde étranger
Ange au supermarché
Il m'a fallu danser
La java des terriens
Sans en connaître rien
J'fais un genre
J'fais un genre humain
Genre humain de Brigitte Fontaine
Ne cessera-t-il jamais ce grand besoin qu'elle a d'apparitions merveilleuses ? Et même s'il se produit réellement quelque chose, quand lentement tout se transforme - et semble incroyable - que s'ensuivra-t-il ? Elle entrera aussitôt en conflit avec la société et on l'enfermera.... Fini le grand enchantement.Tout devient normal, tranquille, quotidien.
L'Homme-Jasmin de Unica Zürn