
« Je l’ai tué parce qu’il était plus fort que moi. »
Max Aub, Crimes exemplaires
À l’origine de Récitatifs toxiques, il y a Crimes exemplaires de Max Aub : aveux multiples d’une même action, un crime. Récits, de deux lignes ou une page, d’assassinats, collection de visages, de situations, de destins tristes et drôles, ordinaires et singuliers.
Il y a aussi l’œuvre du compositeur Heinrich Ignaz Franz von Biber, et tout particulièrement les sonates représentatives, la passacaille pour violon seul et Battalia.
De père allemand, de mère parisienne d’origine allemande au nom slave, Max Aub (1903-1972) écrit son œuvre (littérature, théâtre, cinéma) en espagnol. Il quitte la France pour l’Espagne avec ses parents en 1914 (son père avait conservé sa nationalité allemande), revient en France en 1937 comme attaché culturel à l’ambassade d’Espagne, est arrêté par les autorités de Vichy en 1939, interné en France et en Algérie, s’évade et s’exile au Mexique. Il est très lié à Lorca, Malraux (co-scénariste de L’Espoir), Buñuel, Dali, Picasso (qui peint Guernica à son instigation)… Crimes exemplaires (1956) obtient le Grand Prix de l’Humour Noir à sa sortie.
Heinrich Ignaz Franz von Biber (1644-1704) est violoniste, violiste et compositeur. La réputation et l’œuvre de ce « formidable virtuose » (selon les mots de Jacob Stainer, le plus célèbre facteur d’instruments de l’époque) révèlent un homme d’un immense talent, à l’esprit aussi agile que les doigts. L’imprévisibilité est une caractéristique essentielle du style de Biber. Il est connu pour avoir souvent employé le procédé de la scordatura, technique qui consiste à modifier l’accord du violon pour obtenir des couleurs tonales singulières, produisant des effets spectaculaires.
« Je l’ai tué parce que j’étais sûr que personne ne me voyait. »
Max Aub, Crimes exemplaires
Qu’est-ce qu’un concert théâtral dansé ? Pour Brigitte Seth et Roser Montlló Guberna, c’est l’aboutissement d’une démarche à double voix nouée de savoureuses transgressions. Dans Récitatifs toxiques, les deux artistes, chorégraphes, actrices et danseuses, parlant français, espagnol et catalan, vont puiser dans les petits crimes ordinaires racontés par Max Aub, écrivain de l’exil, les motifs d’une danse, prolongement de la parole, hantée par la chair et ses fantômes. Elaboré en correspondance avec les partitions baroques « désaccordées » de Biber, le spectacle joue sur différents registres, de l’humour noir à l’allégorie. Musiciens, et autres interprètes s’emparent de la scène pour fêter le théâtre mais aussi pour réfléchir sur l’immuable férocité qui habite l’humain.
Irène Filiberti (2007)
« Ce qui importe c’est de faire la paix entre les hommes et de la maintenir. Si pour y parvenir il faut en arriver là (et il fit un geste qui embrassait la place) nous le ferons ! »
Max Aub, Crimes exemplaires
Après : Epilogos confessions sans importance, lecture dansée (création à la bibliothèque municipale de Strasbourg en novembre 2004 dans le cadre de la résidence à Pôle Sud) ; Je te tue, tu me tues, le premier de nous tous qui rira… théâtre dansé ( création au TPE de Bezons en mars 2005 dans le cadre de la résidence) ; Récitatifs toxiques, concert théâtral dansé, est le troisième et dernier volet consacré à cette recherche Biber/Aub. Ce spectacle est l’aboutissement de la trilogie.
Coproduction : Théâtre de la Ville/Paris , Théâtre Pôle Sud/Strasbourg ,Communauté de communes du Pays de Briey ,Théâtre Paul Eluard/Bezons ,Compagnie Toujours après minuit/Paris, Ensemble Quam Dilecta /Tours. La Cie est subventionnée par la Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Ile- de- France /Ministère de la Culture et de la Communication au titre de l’Aide aux Compagnies chorégraphiques.
Avec le soutien de la Spedidam et de l’Adami Compagnie en résidence à Micadanses /Paris
Remerciements à Jean-Paul Boury , au Théâtre de la Cité Internationale /Paris
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